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Les femmes comme protagonistes du changement

En 2021, pour célébrer la Journée internationale des femmes, le réseau WOFAN a récompensé 300 petites exploitantes des localités de Dogon Bauchi, Samaru et Zaria, situées dans l’État de Ka-duna (Nigéria), en leur fournissant des informations et des équipements afin de les encourager à prendre en main leur développement.

Le réseau pour la promotion des agricultrices (Women Far-mers Advancement Network, WOFAN) est une coalition qui rassemble plus de 4 500 groupes de petit·e·s ex-ploitant·e·s agricoles de 30 membres chacun. Le ré-seau WOFAN développe les connaissances et la capacité de production de ses membres en leur proposant des activités de formation et de sensibilisation, ainsi qu’un appui sous forme de ressources et de mise en relation avec les marchés. Le réseau permet ainsi à ses membres d’accroître leur pro-ductivité agricole et leur échelle d’exploitation, en développant leur indépendance économique et leur autonomisation poli-tique et en améliorant dura-blement leurs moyens de sub-sistance.

Cette année, le réseau a choisi de célébrer l’édition 2021 de la Journée internationale des femmes autre-ment, afin de soutenir l’action collective, la promotion et la propriété partagée en vue d’améliorer la parité des genres.

Le réseau WOFAN a décidé d’encourager ses groupes à effectuer des autoévaluations, notamment à se fixer leurs propres objectifs pour mesurer leur progression individuelle et montrer comment ils ont utilisé l’ensemble des formations et appuis reçus du réseau WOFAN au cours des deux dernières années. Les groupes devaient aussi préciser les changements de situation qui étaient intervenus au niveau des familles et de la communauté. Le but était de présenter leurs activités quotidiennes et de montrer comment ils avaient effectué des changements très positifs pour stimuler leur productivité et leurs capacités de transformation du riz.

Des groupes de femmes de Dogon Bauchi et de Samaru (composés de 150 femmes chacun), origi-naires de Zaria dans l’État de Kaduna (Nigéria), ont exposé des expériences personnelles en pré-sence de responsables traditionnels et religieux, de membres de la communauté, de médias et de toutes les parties prenantes.

Les responsables de groupe Hajia Hadiza, de Dogon Bauchi, et Titi Apeaku, de Samaru, ont raconté comment elles avaient débuté leur activité de petites exploitantes agricoles avec des possibilités de développement à plus grande échelle presque inexistantes. Les deux femmes travaillaient cons-tamment à perte et approvisionnaient des raffineur·euse·s pour une maigre rétribution de 100 naira par jour, pour huit heures de dur labeur, jusqu’à ce qu’elles découvrent le réseau WOFAN. Les groupes de Dogon Bauchi et de Samaru sont composés de 150 femmes, qui ont com-mencé à travailler pour des raffineurs contre une maigre rémunération de 300 naira par sac de riz bien étuvé.

Titi Apeaku a expliqué que le réseau WOFAN avait transmis à ses membres tous les enseignements que les ouvriers agricoles avaient reçus des formateurs de l’initiative CARI. Le réseau a ainsi permis à ses membres de mieux comprendre la mobilisation de groupe, la gestion d’entreprise, la tenue des registres et la rigueur financière. En outre, Titi a expliqué que désormais, les membres utili-saient chaque jour leur téléphone et leur calculatrice pour consigner soigneusement les opérations financières des groupes, après une transformation ou une vente. Par ailleurs, la directrice exécu-tive du réseau WOFAN a précisé qu’au cours des deux dernières années, les femmes de Dogon Bauchi et de Samaru avaient bénéficié des programmes de formation de la CARI et de la GIZ pour le renforcement des capacités, par l’intermédiaire de vulgarisateur·rice·s et de responsables de terrain du réseau WOFAN, qui avaient été formés par l’initiative CARI dans les domaines suivants :

I. Ècole de commerce agricole (Farmer Business School, FBS),

II. Production rizicole durable,

III. Amélioration des processus et formation à la nutrition,

IV. RiceAdvice, TIC et utilisation de l’animation 3D,

V. Agriculture contractuelle et mise en relation avec les marchés

Titi a également signalé que son groupe utilisait des radios pour écouter des informations sur les activités agricoles, en particulier des programmes radiophoniques tels que ceux qui sont sponsori-sés chaque semaine par le réseau WOFAN et l’initiative CARI sur les questions de santé, qui visent à améliorer la nutrition familiale, ou bien sur des questions politiques qui se posent dans leurs communautés.

Des solutions TIC aident les femmes à suivre le calendrier saisonnier et donnent des indications utiles pour une production rizicole durable. La responsable de l’équipe de Samaru a fait savoir que grâce à la formation du réseau WOFAN sur le marketing numérique, à l’utilisation des SMS et de WhatsApp et à l’enregistrement de leurs messages pour faire la promotion de leurs produits, les femmes avaient gagné plus de reconnaissance et de respect au sein de leur communauté.

Par l’intermédiaire de l’initiative CARI, le réseau WOFAN a acheté des motoculteurs pour encoura-ger l’utilisation d’outils technologiques simples qui font gagner du temps et facilitent le travail, en particulier pour les femmes. Depuis, le réseau WOFAN a formé les femmes de Dogon Bauchi et de Samaru à la gestion et à l’utilisation de ces machines.

« C’est beaucoup plus adapté aux femmes et plus facile à utiliser que les tracteurs que conduisent les hommes, et ça donne les mêmes résultats » a fait remarquer Rabi Chakawa, en faisant la dé-monstration de ses compétences en labour avec son motoculteur.

Par ailleurs, la formation à l’agriculture contractuelle a étoffé les compétences décisionnelles des femmes. Désormais, elles sont mieux armées pour négocier les coûts des intrants ainsi que le prix de vente de leur riz paddy et d’autres produits agricoles :

« Avant, on nous disait ce qu’on devait recevoir et ce qu’on devait rendre et nous avons réalisé que nous ne travaillions que pour les acquéreurs et les revendeurs. Désormais, nous négocions avant la période de culture, puis juste avant la récolte, pour être sûres de dégager un bénéfice. De la même façon, nous partageons nos engrais et nos intrants et vé-rifions que chaque femme reçoit bien les intrants convenus avec la coopérative. Avant le réseau WOFAN et l’initiative CARI, nous ne participions pas à ces réunions décisionnelles cruciales » (Bilkisu Isiyaku, membre du groupe WOFAN).

En résumé, les femmes de Dogon Bauchi et de Samaru ont créé ensemble une voie durable, qui leur permet de mettre en œuvre un renforcement des capacités pour elles-mêmes comme pour leurs groupes, afin de les encourager à continuer à servir de modèle pour les autres. Elles pren-nent en main leur propre développement.

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